Semer: tout sur les semis

Semer est incontournable pour le jardinier.

La plupart des plantes potagères, condimentaires et des fleurs annuelles utilisent leurs graines pour se reproduire.
Si, chez les végétaux, il existe diverses méthodes pour se reproduire (marcottage, bouturage…), la plupart des plantes potagères sont reproduites à partir des graines. D’autres modes de multiplication, plus adaptés ; c’est le cas de la pomme de terre qui se reproduit à partir du tubercule, de l’ail dont on plante les caïeux ou les bulbilles, ou encore du fraisier qui produit des stolons.

Certains légumes se sèment sur place en pleine terre et ne peuvent être repiqués ; c’est le cas notamment de la plupart des légumes racines comme les carottes ou les radis, mais également des fabacées (haricots, pois, fèves…) dont vous ne trouverez pas de plants à acheter.

  • Les producteurs de semences ont la possibilité de vous proposer des variétés sortant des sentiers battus, anciennes ou nouvelles, adaptées à vos attentes et à votre jardin.Vous maîtrisez les premières semaines de vos légumes et donc leurs traitements éventuels.
  •  Vous faites des économies ; un sachet de graines coûte moins cher qu’un plant, sans compter que vous pouvez produire vos propres semences.

Le plaisir ! Faire ses propres semis permet de prolonger la saison du jardinage !

Attention : faire les semis demande du temps, de la place et amène parfois des déceptions (fonte des semis, graines qui ne lèvent pas…),

1 ) la réussite des semis repose sur 5 points clés :
  •  un bon éclairage : les semis intérieurs ont besoin de 12 à 14h de lumière par jour ;
  • une température appropriée : pendant la germination, la température idéale se situe entre 21°C et 24°C pour la plupart des légumes et entre 25°C et 30°C pour la famille des Solanacées (comme la tomate, le poivron, l’aubergine…). Lorsque les plants sont levés, la température devra se situer autour de 18°C le jour, et 15°C la nuit ;
  • un terrain sain, poreux et léger : le substrat idéal est à base de mousse de tourbe et de vermiculite ;
  • un taux d’humidité élevé : il est important de bien humidifier le substrat avant de procéder au semis. Par la suite, il est nécessaire de conserver l’humidité, en faisant attention à ne pas saturer l’eau ;
  • le choix des semences : il se détermine en fonction des goûts, des habitudes alimentaires et de l’espace à planter.
    Enfin, pour une réussite assurée, le semis doit être réalisé environ 10 semaines avant la plantation au jardin ou sur le balcon,…
2 ) Caractéristiques d'un terreau pour les semis

Parmi les facteurs de réussite des semis, outre l’arrosage, la température, l’aération et la luminosité, le choix du substrat est essentiel. Le terreau utilisé devra apporter à la graine tout ce dont elle a besoin pour germer, et ensuite favoriser un bon enracinement de la jeune plantule.
Ainsi, un terreau adapté aux semis, c’est :

  • Un terreau fin : pour bien enrober la graine et permettre à la jeune racine de s’installer, et sa granulométrie doit être aussi fine que possible ;
  • Un terreau léger et drainant : un excès d’humidité est défavorable à une bonne levée, car il entraîne le pourrissement des radicelles et le flétrissement brutal des plantules (milieu propice à la prolifération de bactéries, mais aussi de champignons notamment responsables de la fonte des semis) ;
  • Un terreau doté d’une bonne capacité de rétention d’eau : l’eau étant indispensable à la germination, le terreau doit pouvoir rester humide le plus longtemps possible entre deux arrosages ;
  • Un terreau pasteurisé : pour éviter la prolifération de champignons ou de bactéries pathogènes, il est important de débarrasser le substrat des germes qu’il contient naturellement.

Ces terreaux s’utilisent pour les semis de graines de fleurs ou de légumes, en pots, en jardinières, en godets, en terrine mais aussi en pleine terre (en couverture).

Les terreaux « spécial semis du commerce » :
On trouve en jardinerie, grandes surfaces de bricolages et autres magasins spécialisés des terreaux “spécial semis”. Ceux-ci sont généralement composés de tourbe, de perlite et/ou de vermiculite, et de sable. Un peu d’engrais est éventuellement ajouté. La granulométrie de ces terreaux est fine et parfaitement adaptée aux semis.

Faire son propre substrat de semis ?
Si vous avez besoin d’importantes quantités de terreau pour vos semis, vous pouvez préparer votre propre mélange : par exemple, 1/2 de terre de jardin, 1/4 de sable ou de vermiculite, 1/4 de tourbe ou de compost bien mûr. Tamisez le mélange pour obtenir un substrat fin et homogène. Evitez d’ajouter de l’engrais : en trop grande quantité, celui-ci risque de brûler les radicelles.

3 ) Où semer les légumes ?

Le semis en place :
Se fait au jardin ou au potager, à l’endroit même où la plante va se développer. Il permet :

  • De supprimer les opérations de repiquages qui prennent du temps et qui peuvent stresser la plante et ralentir son développement.
  • De favoriser l’enracinement et rendre la plante plus résistante aux agressions.

En contrepartie :

  • une partie du jardin est occupé sur une longue période, sans récolte possible.
  • le travail d’éclaircissage et de désherbage est nécessaire pour que la plante puisse trouver toute la place nécessaire à son épanouissement.
  • une partie des graines est sacrifiée lors de l’éclaircissage.

Le semis en place concerne les plantes qui n’ont pas besoin ou qui ne supportent pas d’être repiquées ; c’est le cas de la plupart des légumes-racines, comme les carottes ou les radis, mais également des légumes de la famille des fabacées (haricot, pois, fève…), ou bien encore des fleurs champêtres qui se sèment à la volée (bleuet, bourrache, coquelicot, nigelle…).

Les semis en place débutent généralement au printemps, lorsque les dernières gelées sont passées, et se poursuivent l’été pour les récoltes d’automne.
Il est possible d’avancer la date de quelques semis si vous les protégez d’un voile de forçage, d’un tunnel ou de quelques cloches.
Conseils : semez clair et ne démarrez pas trop tôt dans la saison.

Le semis en pépinière :
Se fait sur un emplacement réduit, riche, humifère, bien exposé (sud) et abrité des vents. Les plantes y amorcent leur croissance avant d’être repiquées ou transplantées dans le jardin ou le potager, à leur emplacement définitif. Il permet notamment de :

  • donner aux graines toutes les chances de germer en leur offrant de la chaleur et un substrat adéquat, riche en éléments nutritifs.
  • réduire le temps d’occupation d’une planche par une plante,
  • démarrer une culture alors que le jardin ou le potager ne dispose pas de planches libres
  • limiter le gaspillage des graines ; les plantules arrachées lors de l’éclaircissage peuvent être repiquées.

En contrepartie, la plante repiquée est à racines nues ; elle subit un stress qui peut se répercuter sur la reprise de végétation.
Le semis en pépinière peut concerner toutes les plantes qui se repiquent mais surtout celles dont la germination est lente et délicate, comme la mélisse ou la marjolaine, dont le cycle végétatif est long, comme le poireau ou les choux, ou celles qui prennent beaucoup
de place, comme la laitue.
Il est également possible de mettre la pépinière sous abri (tunnel, châssis) afin d’avancer la date de certains semis ou d’y semer des légumes dont la germination nécessite des températures élevées : tomate, piment, aubergine, concombre...
Conseil : installez la pépinière près du potager.

Semis en terrine : les terrines sont utilisées comme des pépinières que l’on peut placer, selon les besoins, en serre chaude (ou à l’intérieur de la maison) ou froide (ou sous une véranda). Cela convient pour les petits semis de plantes frileuses.

Le semis en godets :
A l’instar du semis en pépinière, le semis en godets (ou en mottes ) est un semis « indirect », qui nécessite un repiquage. Il est préconisé pour les plantes fragiles, sensibles au froid et aux attaques diverses, ou n’appréciant guère le repiquage à racines nues (courgette, melon, capucine, tournesol…). Comme les terrines, les godets peuvent être placés sous serre froide ou chaude.
Il a pour avantage de :

  • simplifier le travail de repiquage
  • réduire le stress de la plante et faciliter sa reprise

En contrepartie, faire ses semis en conteneur nécessite de la place, pour les installer, mais également pour les stocker.

4 ) plusieurs façons de réaliser les semis :

semis en ligne :
Il s’agit de la méthode la plus employée au potager. Un sillon est tracé le long d’un cordeau, à l’aide d’une serfouette, dans lequel on dépose les graines plus ou moins serrées et que l’on recouvre de terreau ou de terre fine. La profondeur du sillon (1 à 3 cm) dépend de la grosseur de la graine (plus une graine est fine moins le sillon est profond), de la nature du sol (moins en profondeur dans un sol lourd) et de la saison à laquelle on sème (plus en profondeur en été qu’au printemps).
Les semis en lignes facilitent les travaux d’entretien (binage, sarclage, paillage…). Ils sont utilisés pour les cultures de pleine terre, voire en terrines.

Semis en poquets :
Le semis en poquets revient à semer en ligne, mais au lieu de tracer un sillon, des petits trous sont creusés à distance régulière, dans lesquels sont disposées 3 à 6 graines. Un ou deux plants (parfois davantage) sont conservés après la levée.
Cette technique concerne les grosses graines : haricots, pois, courges, melons, tournesol… et peut être réalisée en pleine terre ou en godet.

Semis à la volée :
Il s’agit ici de répandre de façon homogène sur le sol les graines à semer, par poignées pour des semis en pleine terre, ou par pincées pour des semis en terrines. Les graines sont ensuite recouvertes de terreau ou en passant le râteau.
Le semis à la volée complique les travaux d’entretien (arrachage des mauvaises herbes), donc il est peu utilisé dans le potager. On peut toutefois y avoir recours pour les semis de radis, de carotte, de navet, de mâche ou bien encore de laitue. Incontournable pour les parterres de fleurs !

Graines pré-semées :
Il existe des rubans de graines et des disques pré-semés, en papier biodégradable, sur lesquels les semences sont réparties à égale distance. Plus cher qu’un sachet de graines, l’intérêt est ici de supprimer le travail d’éclaircissage.

Semis en motte :
Le semis en motte permet de se passer de godets et d’effectuer un repiquage sans stresser les jeunes plants. Les mottes sont réalisées à l’aide d’un presse motte et d’un terreau détrempé, souvent enrichi en tourbe brune et en compost. Semez ensuite de la même façon que pour les godets puis maintenez les mottes humides jusqu’au repiquage.
Le presse motte est un investissement qui permet de gagner du temps, si vous avez de nombreux semis à réaliser,

Semis à chaud pour le potager

  • Aubergine à 24°C ;
  • Basilic à 16°C ;
  • Céleri-rave à 15°C ;
  • Concombre et cornichon à 16°C ;
  • Coqueret du Pérou (physalis) à 16°C ;
  • Courge et courgette de 16 à 21°C ;
  • Melon à 24°C ;
  • Piment et poivron à 18°C ;
  • Tomate à 18°C…

Semis à chaud pour le jardin

  • Agératum à 16°C ;
  • Bidens à 15°C ;
  • Begonia semperflorens à 20°C ;
  • Impatiens de Nouvelles-Guinées et autres Impatiens à 18°C ;
  • Pélargonium à 20°C ;
  • Zinnia à 16°C…
5 ) Comment réussir les semis à chaud ?

Si vous envisagez de placer vos semis à l’intérieur de la maison, utilisez des terrines ou des caissettes ; elles permettent de ne pas prendre trop de place et peuvent être recouvertes d’un couvercle transparent (pour obtenir plus de chaleur et créer une
ambiance humide). En contrepartie, il faudra procéder à une opération d’éclaircissage, lorsque les plants feront leur apparition, puis, au stade de 4 ou 5 feuilles, à un repiquage en godet. Cela suppose d’avoir un endroit pour entreposer les godets (serre froide ou véranda bien exposées).
Les semis en godet, quant à eux, prennent plus de place mais évitent les opérations de repiquage assez perturbantes pour les plants. Si vous optez pour cette solution (option recommandée pour les grosses graines), déposez trois graines dans les godets et ne conservez, ensuite, que le plus beau plant,
Conseil : gardez le terreau légèrement humide jusqu’à la levée des plants (arrosages au vaporisateur).

Astuces
Terrines ou pots : pensez récup ! Boîtes à oeufs, caisses en polystyrène, pots de yaourt, bouteilles plastique coupées en deux… font d’aussi bons contenants pour vos semis que ceux achetés dans le commerce, si vous percez des trous de drainage au fond de ceux en
plastique.
Patience ! Ne semez pas trop tôt…
Attention :L’endurcissement des plants : une étape délicate …

6 ) Comment sont produites les graines bio ?

La notion de “graine bio” est très encadrée : comme tous les produits dits “biologiques” ou plus exactement “issus de l’agriculture biologique”, les semences bio (et les matériels de reproduction végétative : plants issus de boutures notamment) ont été produites pendant
au moins une génération selon les règles de l’agriculture biologique (et pour les cultures pérennes, 2 périodes de végétation).
Ni les graines (ni la plante qui les a produites), ni les plants n’ont donc été traités avec des pesticides de synthèse (seuls quelques traitements réputés peu nocifs pour l’environnement et la biodiversité sont tolérés en agriculture biologique : purins et autres décoctions de plantes, bouillie bordelaise ou encore Bacillus thuringiensis). Bien sûr, en bio, pas d’OGM, pas d’irradiation, pas d’engrais chimiques…
Des contrôles sont effectués par le SOC (Service officiel de contrôle et certification) et la DGCCRF.

Avantages des graines bio par rapport aux graines conventionnelles
Disons-le tout de suite : les graines bio sont plus chères que les graines conventionnelles, comme la plupart des produits issus de l’agriculture biologique. Mais elles offrent en contrepartie un certain nombre d’avantages :

  • Les graines bio sont non traitées, et bien entendu, non enrobées : l’absence de pesticides permet un bon développement de la rhizosphère (micro-organismes qui se développent au niveau des racines et à proximité de celles-ci, en symbiose avec la plante, notamment pour faciliter l’assimilation de certains nutriments ).
  • Elles ont été produites sans l’usage de pesticides ni d’engrais chimiques, dans le respect des sols et des écosystèmes, et souvent de manière artisanale : l’impact de leur production sur l’environnement est très inférieur à celui des graines conventionnelles ;
  • Ce sont des graines issues de variétés souvent anciennes, en tout cas non hybrides F1. En effet, les semenciers bio préfèrent généralement des variétés anciennes adaptées au terroir et au climat local, naturellement plus résistantes, plus rustiques, moins exigeantes ; on peut les ressemer sans problème au jardin, contrairement aux graines de variétés hybrides.

Ramasser les graines de fleurs au jardin, c’est à la fois économique et réjouissant.
Les graines recueillies sur des hybrides F1 donnent une descendance très hétérogène, ce qui vous condamne chaque année au rachat de la variété considérée…
Choisir tout d’abord un pied représentatif de la variété, bien vigoureux et indemne de maladie.
Le nettoyage des graines a pour objet de supprimer la gélatine qui les enveloppe. Dans la nature, cette suppression se fait naturellement à la faveur des fermentations qui se produisent dans les fruits tombés au sol.
Il faut les récolter au bon moment et les faire sécher soigneusement. Récupérez-les à complète maturité et laissez-les sécher à l’ombre et à l’air libre avant de les stocker : toute trace d’humidité doit avoir disparu. Débarrassez-les de leur enveloppe ou de leur capsule, inutiles et susceptibles d’être un réservoir à germes et à humidité. Stocker les graines dans des récipients appropriés Pour conserver les graines le plus longtemps possible (la plupart des graines gardent leurs capacités germinatives pendant 2 à 5 ans, parfois beaucoup plus), il faut les placer à
l’abri de ce qui déclenche la germination : la chaleur, l’humidité et la lumière.
Les graines doivent être conservées dans un lieu frais, sec et obscur. (une température inférieure à 10°C est idéale) ,Pour une durée de conservation supérieure à une année, préférez le bas du réfrigérateur (plus la température est fraîche, plus les graines restent
vivantes longtemps),
Étiquetez systématiquement vos graines : Espèces, variétés, année de récolte.

Ou trouver des semences Bio :
– Semences de culture bio : Le Biau Germe, 47360, ….
– Pour l’ornement : semencesdupuy.com, …

Voir aussi https://coteaux21.bio/le-calendrier-de-semis/