La cendre au potager: l’avis de Nicolas le jardinier

Pendant longtemps,il a étalé les cendres de sa cheminée dans son le potager. C’est naturel, c’est gratuit, donc forcément c’est bien, non ? ‎ Puis il a  creusé le sujet. Et là, surprise. ‎ La cendre, c’est pas si simple. Ça peut aider… ou faire de gros dégâts selon comment on l’utilise. ‎ Alors Nicolas le jardinier a préparé un petit quiz avec 7 affirmations qu’on entend partout sur la cendre. ‎ Certaines vont vous surprendre. ‎ 1) Les cendres de barbecue et de « pellets » sont les meilleures pour le jardin ‎ Faux. Et c’est contre-intuitif. ‎ Le charbon de bois et les pellets (granulé de bois) brûlent de manière très concentrée : beaucoup de matière pour très peu de cendres. Résultat ? Ces cendres sont souvent trop chargées en métaux lourds pour être épandues au potager. ‎ Pour les petites quantités, direction poubelle ou filière de recyclage adaptée. Jamais au jardin. ‎ 2) La cendre remplace un engrais ‎ Faux aussi. ‎ Quand on brûle du bois, on perd l’essentiel : l’azote et la matière organique. Ce sont justement ces éléments qui nourrissent vraiment le sol et les plantes. ‎ La cendre apporte surtout des minéraux (dont du potassium), mais elle n’a pas du tout le profil d’un engrais complet. C’est plutôt un correctif, et encore, à utiliser avec précaution (voir plus loin). ‎ 3) C’est naturel donc inoffensif ‎ Attention, piège classique. ‎ La cendre est extrêmement alcaline (elle fait monter le niveau de calcaire du sol, si on veut simplifier). En gros, elle modifie l’équilibre chimique de la terre (ça s’appelle le pH). ‎ Épandre un peu de cendre sur une terre qui est déjà calcaire, ou mettre trop de cendre sur une terre normale, et on peut bloquer certains éléments nutritifs. Les légumes ne pourront plus les absorber et pousseront moins bien. ‎ Naturel, oui. Doux, non. ‎ 4) La cendre est bénéfique pour toutes les plantes ‎ Encore faux. ‎ Certaines plantes adorent les sols acides : hortensias, myrtilles, azalées, rhododendrons… La cendre, qui est alcaline, apporte exactement l’inverse de ce dont elles ont besoin. ‎ Et cas très concret au potager : évitez la cendre sur les parcelles de pommes de terre. Ça favorise la gale commune, cette maladie qui donne des croûtes rugueuses sur les tubercules. Moins de récolte exploitable, donc. ‎ 5) La cendre, c’est LA solution anti-limaces ‎ En théorie, oui. En pratique… bof. ‎ Ça marche comme barrière sèche. Mais dès qu’il pleut (ou qu’il y a de la rosée), l’effet disparaît. Il faut tout refaire. ‎ Pour une protection fiable, c’est trop contraignant. Il existe mieux. ‎ 6) La pluie peut « lessiver » les cendres ‎ Vrai, ça. ‎ Le potassium (un des rares atouts de la cendre) est très soluble. Si les cendres sont étalées trop tôt dans la saison et subissent les pluies, une bonne partie de ce qu’on voulait apporter au sol… part dans le ruissellement. ‎ Donc à mettre juste avant la mise en culture d’une parcelle potagère et à griffer dans la terre pour l’incorporer. ‎ 7) Si une poignée par m² c’est bien, trois poignées seront encore mieux ‎ Faux. Et c’est l’erreur la plus fréquente. ‎ Trop de cendre, et le sol devient déséquilibré. Les plantes peuvent végéter, certains éléments se bloquent, bref : on fait plus de mal que de bien. ‎ Avec la cendre, « PLUS » n’est jamais « MIEUX ». C’est même l’inverse. ‎‎ L’avis de Nicolas le jardinier  après tout ça ? ‎ La cendre,il ne l’utilise plus du tout. Sa terre se porte déjà très bien et il n’a pas envie de détruire cet équilibre. ‎ Parce que pour lui, le but du potager, c’est de produire des légumes sains et abondants, mais avec le minimum d’efforts. Pas de multiplier les gestes « parce qu’on a toujours fait comme ça ». ‎‎
Nicolas le jardinier envoie aussi une newsletter chaque dimanche avec ses conseils de saison pour s’organiser au potager. Plus d’infos ici : potagerdurable.com/newsletter-du-dimanche